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DS 8 essai : notre analyse complète du SUV électrique haut de gamme de DS Automobiles

DS 8 essai : notre analyse complète du SUV électrique haut de gamme de DS Automobiles

DS 8 essai : notre analyse complète du SUV électrique haut de gamme de DS Automobiles

Avec la DS N°8, DS Automobiles change de registre. La marque française ne se contente plus de proposer une berline haut de gamme électrifiée ou un SUV familial au style travaillé : elle vise désormais le segment des grands modèles électriques capables de rivaliser avec les références allemandes et coréennes. Positionnée au sommet de la gamme, la DS N°8 associe une silhouette de fastback surélevée, une motorisation 100 % électrique et un niveau d’équipement particulièrement ambitieux.

Son objectif est clair : offrir une alternative plus élégante, plus confortable et plus distinctive aux Tesla Model Y, Audi Q6 e-tron, BMW iX ou Mercedes-Benz EQE SUV. Sur le papier, la recette est séduisante. Mais qu’en est-il sur la route ? Nous avons examiné sa présentation, ses caractéristiques techniques, son habitacle et ses prestations pour déterminer si cette grande DS peut réellement s’imposer comme une référence du voyage électrique.

Une silhouette entre SUV et grande berline

La DS N°8 ne reprend pas les codes classiques d’un SUV carré et massif. Sa carrosserie adopte une ligne de toit fuyante, proche de celle d’une grande berline fastback, tout en conservant une position de conduite légèrement surélevée. Cette formule permet de réduire la résistance à l’air sans sacrifier totalement l’espace intérieur.

Avec environ 4,82 mètres de longueur, la DS N°8 se situe clairement dans la catégorie des grands véhicules familiaux. Elle est plus imposante qu’une DS 7, tout en affichant une présentation plus basse et plus dynamique. La face avant reprend les derniers codes stylistiques de la marque, avec une signature lumineuse particulièrement travaillée et une calandre fermée adaptée à la propulsion électrique.

Les projecteurs DS Pixelvision LED et les feux de jour verticaux renforcent la largeur visuelle du véhicule. À l’arrière, les feux étirés et le hayon incliné donnent à l’ensemble une allure plus sportive. Le résultat est réussi, même si certains détails de carrosserie privilégient clairement le style à la facilité d’usage. Le pare-brise très incliné et la lunette arrière réduite peuvent notamment compliquer la visibilité périphérique.

Le dessin aérodynamique n’est pas uniquement esthétique. DS annonce un coefficient de traînée particulièrement travaillé, inférieur à celui de nombreux SUV traditionnels. Cette optimisation se retrouve dans les poignées affleurantes, les jantes étudiées pour limiter les turbulences et les ouvrants soigneusement intégrés. Sur une voiture électrique, chaque amélioration aérodynamique compte : à vitesse stabilisée sur autoroute, elle peut influencer directement la consommation et l’autonomie.

Trois niveaux de puissance et deux capacités de batterie

La gamme de la DS N°8 repose sur plusieurs configurations électriques. Selon la version choisie, la puissance varie d’environ 230 à 350 ch. Les modèles à deux roues motrices privilégient l’efficience, tandis que la déclinaison à transmission intégrale ajoute un moteur sur le train avant pour atteindre une puissance supérieure.

Deux batteries sont proposées, avec une capacité utile annoncée autour de 74 kWh pour l’entrée de gamme et d’environ 97 kWh pour les versions à grande autonomie. Cette dernière configuration permet à la DS N°8 de revendiquer jusqu’à environ 750 kilomètres selon le cycle WLTP, dans sa version la plus favorable.

Il faut toutefois interpréter ce chiffre avec méthode. Comme toujours avec les données WLTP, l’autonomie réelle dépend de la température, du relief, du style de conduite et de la vitesse moyenne. Sur autoroute à 130 km/h, il serait irréaliste d’attendre 750 kilomètres avec une seule charge. Une estimation plus pragmatique se situe plutôt autour de 450 à 550 kilomètres selon la batterie, la température et la configuration des roues.

La version intégrale de 350 ch revendique un 0 à 100 km/h réalisé en environ 5,4 secondes. Ce niveau de performance est élevé pour un véhicule de près de cinq mètres, mais il ne transforme pas la DS N°8 en sportive radicale. L’accélération est franche et silencieuse, comme sur la plupart des véhicules électriques, mais la philosophie reste celle d’une grande routière confortable.

Un comportement routier davantage tourné vers le confort

DS Automobiles a toujours fait du confort une priorité. La N°8 poursuit cette orientation avec une suspension pilotée capable d’adapter son fonctionnement en fonction de la route. Selon les équipements et les niveaux de finition, le système peut utiliser une caméra pour analyser les irrégularités situées devant le véhicule et préparer la suspension en conséquence.

Sur les routes dégradées, cette technologie présente un intérêt évident. Les petites cassures sont bien filtrées et les mouvements de caisse restent maîtrisés. La voiture donne une impression de stabilité, sans devenir excessivement ferme. C’est précisément ce que l’on attend d’un véhicule destiné aux longs trajets : une capacité à absorber les défauts de la chaussée sans fatiguer les occupants.

Le poids des batteries reste perceptible dans les changements d’appui. La DS N°8 n’est pas un modèle léger, et cela se ressent lorsqu’on augmente le rythme sur une route sinueuse. La direction manque également un peu de remontée d’informations pour les conducteurs qui aiment sentir précisément le train avant. En revanche, la tenue de route reste rassurante, avec une motricité solide sur la version intégrale.

Le diamètre de braquage et les roues de grande taille peuvent compliquer les manœuvres en ville. Heureusement, les caméras à 360 degrés, les capteurs et les aides au stationnement facilitent la tâche. La DS N°8 est à l’aise sur les grands axes et les voies rapides. Dans les rues étroites, ses dimensions imposent davantage d’attention.

Une autonomie prometteuse, mais une recharge à surveiller

L’autonomie constitue l’un des principaux arguments de la DS N°8. Avec sa grande batterie, elle vise clairement les conducteurs qui parcourent régulièrement de longues distances. La consommation annoncée peut descendre autour de 15 kWh/100 km dans les conditions les plus favorables, notamment grâce à l’aérodynamique et à la gestion électronique de la chaîne de traction.

Dans la réalité, une moyenne comprise entre 17 et 21 kWh/100 km semble plus crédible selon le parcours. En ville et sur le réseau secondaire, la récupération d’énergie permet de maintenir une consommation raisonnable. Sur autoroute, la vitesse augmente fortement les besoins électriques. Un trajet à 130 km/h peut donc réduire nettement l’autonomie disponible.

La puissance de recharge rapide atteint environ 160 kW. DS annonce un passage de 20 à 80 % en moins d’une demi-heure sur une borne suffisamment puissante. Cette valeur est correcte, mais elle ne place pas la N°8 au sommet du marché. Certains concurrents dépassent désormais 200 kW et récupèrent davantage de kilomètres en quelques minutes.

Dans les faits, la courbe de recharge sera plus importante que la puissance maximale affichée. Une voiture qui conserve longtemps un niveau élevé de puissance peut se révéler plus rapide sur un trajet qu’un modèle annonçant un pic supérieur mais difficile à maintenir. Les premiers essais longue distance permettront de vérifier ce point avec précision.

La DS N°8 dispose également de fonctions appréciables pour un usage quotidien : programmation de la recharge, préconditionnement de la batterie, planificateur d’itinéraire intégrant les arrêts et possibilité de recharge bidirectionnelle selon les versions et les marchés. Pour un véhicule de ce positionnement, ces équipements ne sont plus accessoires. Ils conditionnent la simplicité d’utilisation au quotidien.

Un habitacle spectaculaire, avec quelques réserves ergonomiques

L’habitacle constitue probablement l’un des points forts de la DS N°8. La présentation combine matériaux valorisants, éclairage d’ambiance et formes géométriques originales. Le tableau de bord s’inscrit dans la tendance actuelle avec une large dalle numérique, mais DS conserve une approche plus travaillée que la plupart des constructeurs généralistes.

Les sièges avant peuvent recevoir des fonctions de ventilation, de chauffage et de massage. Leur dessin vise à soutenir correctement le corps tout en préservant le confort sur les longs trajets. À l’arrière, l’espace aux jambes est généreux grâce à l’empattement important. La ligne de toit fuyante impose toutefois quelques compromis pour les passagers de grande taille, notamment au niveau de la garde au toit.

La qualité perçue progresse nettement grâce à l’utilisation de matériaux souples, de surfaces métalliques et de garnitures plus raffinées. Il faudra néanmoins examiner dans le temps la résistance des éléments décoratifs très exposés aux traces et aux rayures. Un habitacle haut de gamme ne se juge pas uniquement à son apparence le jour de la livraison.

L’interface numérique est complète, avec navigation connectée, compatibilité smartphone et commandes vocales. Elle demande cependant un temps d’adaptation. Certaines fonctions sont réparties dans plusieurs menus et les commandes tactiles peuvent détourner l’attention. DS conserve des boutons physiques pour certaines fonctions importantes, mais la climatisation et plusieurs réglages passent encore par l’écran central.

Un espace de chargement adapté aux voyages

Grâce à son hayon, la DS N°8 propose un accès pratique au coffre. Le volume annoncé se situe autour de 620 litres selon la configuration, ce qui permet d’emporter les bagages d’une famille sans difficulté majeure. La banquette arrière rabattable augmente naturellement la capacité, même si la pente du pavillon limite le chargement d’objets volumineux.

La présence d’un espace de rangement sous le plancher facilite l’organisation des câbles de recharge. En revanche, l’absence éventuelle d’un véritable coffre avant selon les versions réduit les possibilités de rangement pour les petits accessoires. Ce détail n’est pas rédhibitoire, mais il aurait renforcé la polyvalence du modèle.

Pour les vacances, le principal point à anticiper reste la consommation sur autoroute. Avec une grande batterie, la DS N°8 peut parcourir plusieurs centaines de kilomètres entre deux arrêts. Mais son gabarit et ses pneumatiques de grande dimension peuvent faire varier sensiblement l’autonomie. Les conducteurs devront choisir entre le style de jantes et l’efficience : dans ce domaine, les grandes roues ne sont jamais totalement gratuites.

Prix, positionnement et concurrence

La DS N°8 se positionne sur un marché où les tarifs dépassent rapidement les 60 000 euros, voire davantage selon la batterie, la finition et les options. La version à grande autonomie et la transmission intégrale font logiquement grimper la facture. Le prix devra donc être comparé à l’équipement réellement inclus, notamment en matière de suspension pilotée, de systèmes d’aide à la conduite et de confort des sièges.

Face à elle, la Tesla Model Y conserve un avantage sur le réseau de recharge et l’efficience, tandis que les Audi Q6 e-tron, BMW iX et Mercedes-Benz EQE SUV misent sur une image premium solidement établie. La DS N°8 répond par son style, son confort et une identité française plus affirmée. Elle ne cherche pas à battre tous ses rivaux sur la fiche technique. Elle veut proposer une expérience différente.

C’est à la fois sa force et sa limite. Un acheteur qui privilégie la puissance de recharge ou l’efficacité absolue trouvera peut-être mieux ailleurs. En revanche, celui qui recherche une grande électrique confortable, originale et bien équipée pourra être séduit par cette approche moins standardisée.

Notre avis sur la DS N°8

La DS N°8 apparaît comme un modèle important pour DS Automobiles. Elle élargit la gamme vers le haut, démontre le savoir-faire de la marque en matière de design et propose une autonomie théorique parmi les meilleures de sa catégorie. Son confort, son silence de fonctionnement et la richesse de son équipement en font une voiture particulièrement adaptée aux trajets longue distance.

Ses limites sont plus classiques : un poids élevé, une recharge rapide qui ne bat pas les meilleures références, une ergonomie parfois trop numérique et un comportement davantage orienté vers la sérénité que vers le plaisir de conduite. Rien de rédhibitoire, mais ces éléments doivent être pris en compte avant l’achat.

La DS N°8 ne cherche pas à être la plus sportive ni la plus technologique du marché. Elle mise sur une combinaison plus subtile : une présentation distinctive, un confort soigné et une autonomie capable de rassurer les gros rouleurs. Reste à confirmer, lors d’un essai longue durée, la consommation réelle, la stabilité de la recharge et la fiabilité de ses équipements électroniques. C’est sur ces critères concrets, plus que sur son style spectaculaire, qu’elle devra convaincre durablement.

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