Le Bolloré Bluesummer occupe une place à part dans l’histoire récente de la voiture électrique. Ce cabriolet quatre places, dérivé techniquement de la Bluecar, n’a jamais cherché à rivaliser avec une Tesla ou une berline familiale. Son terrain de jeu est différent : les trajets côtiers, les déplacements urbains et les escapades par beau temps, avec une carrosserie ouverte et une mécanique entièrement électrique.
Sur le marché de l’occasion, il peut attirer par son style peu courant, son silence de fonctionnement et son prix parfois accessible. Mais son architecture particulière, sa production confidentielle et sa batterie à technologie lithium-métal-polymère imposent de vérifier plusieurs points avant achat. Voici ce qu’il faut réellement savoir sur le Bluesummer.
Un cabriolet électrique conçu pour les trajets tranquilles
Présenté au milieu des années 2010, le Bolloré Bluesummer est un véhicule électrique compact à quatre places. Sa conception repose sur la plateforme de la Bluecar, connue notamment pour les services d’autopartage Autolib’. Le modèle est assemblé autour d’un moteur électrique synchrone de 50 kW, soit environ 68 ch.
La fiche technique annonce une vitesse maximale proche de 110 km/h. Cette valeur suffit pour circuler sur voie rapide, mais elle ne transforme pas le Bluesummer en voiture de grand tourisme. Les relances sont correctes en ville et sur route départementale, tandis que les dépassements demandent davantage d’anticipation qu’avec une automobile thermique moderne.
Le véhicule mesure environ 3,8 mètres de long et accueille quatre occupants. Les places arrière sont utilisables pour de courts trajets, mais l’espace reste limité, en particulier pour des adultes de grande taille. Le coffre n’est pas celui d’une citadine classique : la batterie et l’architecture spécifique réduisent le volume disponible. Il faut donc raisonner en termes d’usage plutôt qu’en capacité de chargement.
La carrosserie découvrable constitue son principal argument. Le Bluesummer peut être utilisé ouvert lorsque les conditions s’y prêtent, ce qui renforce son intérêt pour les régions ensoleillées, les zones littorales ou les déplacements de loisir. En revanche, il ne faut pas le considérer comme un cabriolet sportif. Son comportement privilégie la souplesse et la facilité de conduite, pas la précision d’une propulsion conçue pour les virages rapides.
Caractéristiques techniques essentielles
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Moteur : électrique synchrone d’environ 50 kW, soit près de 68 ch.
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Vitesse maximale : environ 110 km/h.
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Batterie : technologie lithium-métal-polymère, généralement annoncée à 30 kWh.
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Autonomie homologuée : jusqu’à environ 200 km selon le cycle NEDC de l’époque.
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Nombre de places : quatre.
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Transmission : automatique, avec réduction fixe comme sur la plupart des véhicules électriques.
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Recharge : principalement en courant alternatif, sur prise domestique ou borne compatible.
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Particularité : batterie LMP nécessitant une gestion thermique spécifique.
Les chiffres peuvent varier selon l’année, la configuration et le marché. La carte grise, le certificat de conformité et les documents fournis avec le véhicule doivent toujours primer sur une annonce en ligne. Dans le cas d’un modèle peu diffusé, certaines fiches commerciales reprennent des données approximatives ou mélangent les caractéristiques du Bluesummer avec celles de la Bluecar.
Quelle autonomie en conditions réelles ?
L’autonomie officielle de 200 km doit être interprétée avec prudence. Elle correspond au cycle NEDC, utilisé à l’époque et beaucoup plus favorable que les conditions réelles de circulation. Ce protocole effectuait des accélérations douces, à vitesse moyenne réduite, sans représenter fidèlement l’usage quotidien.
Dans la pratique, un Bluesummer en bon état peut généralement parcourir entre 120 et 160 km sur un parcours mixte, selon la température, la vitesse et le relief. Une conduite urbaine douce peut permettre de se rapprocher de la valeur haute. À l’inverse, l’autoroute, le vent fort ou les routes vallonnées font rapidement chuter la consommation disponible.
Quelques repères sont utiles :
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En ville et sur routes limitées à 50 ou 70 km/h : l’autonomie peut être relativement favorable, notamment grâce à la récupération d’énergie au freinage.
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Sur route départementale : une autonomie de 130 à 150 km est plus réaliste lorsque la batterie est en bon état.
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Sur voie rapide : la consommation augmente nettement et l’autonomie peut se rapprocher de 100 à 120 km.
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En hiver : le froid dégrade les performances de la batterie et augmente les besoins de chauffage.
Le chauffage mérite une attention particulière. Sur un véhicule électrique, il n’existe pas de chaleur résiduelle produite par un moteur thermique. Le système doit donc consommer de l’énergie pour chauffer l’habitacle. Avec une carrosserie ouverte ou semi-ouverte, les pertes thermiques sont encore plus sensibles. En hiver, le Bluesummer peut donc perdre une part significative de son autonomie, surtout sur de courts trajets répétés.
La batterie LMP : une technologie atypique
La batterie du Bluesummer utilise la technologie lithium-métal-polymère développée par le groupe Bolloré. Elle se distingue des batteries lithium-ion les plus courantes par son fonctionnement à température élevée. Un système de chauffage maintient les cellules dans une plage thermique précise, même lorsque le véhicule est stationné.
Cette particularité présente un avantage : la batterie est conçue pour limiter certains risques liés à la surcharge et à la dégradation dans des conditions spécifiques. Elle possède également une bonne densité énergétique pour sa génération. Mais elle implique une consommation électrique permanente lorsque le véhicule reste branché ou lorsque le système maintient la batterie à température.
C’est un point souvent ignoré par les acheteurs. Un Bluesummer immobilisé pendant plusieurs jours peut perdre de l’énergie uniquement pour conserver sa batterie opérationnelle. La consommation n’a rien à voir avec celle d’un véhicule électrique moderne en veille. Dans certains cas, une voiture stationnée avec un niveau de charge insuffisant peut même se retrouver difficile à remettre en service.
Avant l’achat, il est donc important de demander au vendeur :
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si la batterie est bien incluse dans le véhicule ou liée à un contrat spécifique ;
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si le système de maintien en température fonctionne correctement ;
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combien de temps le véhicule est resté immobilisé ;
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si des alertes ou défauts de batterie apparaissent au tableau de bord ;
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si une facture récente atteste du contrôle du système électrique.
Recharge : une voiture à brancher avec méthode
Le Bluesummer n’est pas pensé pour les recharges ultra-rapides. Sa recharge s’effectue principalement sur une prise domestique ou une borne en courant alternatif. Le temps nécessaire dépend de la puissance disponible, de l’état de la batterie et de la configuration du chargeur embarqué.
Sur une prise classique correctement installée, il faut souvent prévoir une nuit complète pour récupérer une charge importante. Une borne domestique adaptée peut réduire la durée, mais il est indispensable de vérifier la compatibilité avec le véhicule avant d’investir dans une installation. La présence d’une prise dans le garage ne garantit pas que le câblage supportera une recharge répétée à forte intensité.
Un câble et une prise en bon état sont essentiels. Les rallonges domestiques ordinaires sont à éviter : elles peuvent chauffer et ne constituent pas une solution durable. L’idéal est de faire contrôler l’installation par un électricien, en particulier dans une maison ancienne ou sur un réseau partagé avec d’autres appareils puissants.
Le propriétaire doit aussi intégrer la consommation du système de chauffage de batterie. Laisser le Bluesummer branché peut être recommandé dans certaines situations, mais cela augmente la consommation du foyer. Une mesure avec un compteur d’énergie permet de connaître le coût réel d’une recharge, plutôt que de se fier uniquement à la capacité théorique de 30 kWh.
Comportement routier et confort à bord
En ville, le Bluesummer se montre agréable. Le moteur électrique délivre immédiatement son couple, la boîte de vitesses automatique simplifie la conduite et le rayon de braquage est adapté aux manœuvres quotidiennes. L’absence de bruit mécanique renforce la sensation de douceur, même si les bruits d’air et de roulement deviennent plus présents lorsque la vitesse augmente.
Sur route, le véhicule reste stable à condition de respecter son rythme. Les suspensions privilégient le confort, mais la masse de la batterie placée bas contribue à abaisser le centre de gravité. Le résultat est rassurant dans les courbes normales. En revanche, la direction et les pneumatiques ne procurent pas le niveau de précision d’un cabriolet sportif traditionnel.
La protection contre les intempéries doit être examinée avec attention. Sur un véhicule ancien et peu diffusé, les joints, la capote, les fermetures et les vitrages peuvent avoir souffert. Une infiltration d’eau n’est pas seulement désagréable : elle peut endommager les garnitures, les connecteurs ou les équipements électriques. Une inspection après lavage ou sous une pluie soutenue est particulièrement instructive.
Les points à contrôler avant achat
L’état de la batterie est le critère numéro un, mais il ne faut pas négliger le reste du véhicule. Un Bluesummer peut avoir peu de kilomètres et présenter malgré tout des défauts liés à l’âge, à l’immobilisation ou au manque d’entretien.
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Historique : exigez les factures, les contrôles techniques et les informations sur les périodes d’immobilisation.
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Batterie : vérifiez l’autonomie affichée après une charge complète et recherchez les messages d’alerte.
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Recharge : réalisez un essai réel, avec le câble fourni, afin de vérifier que la charge démarre et se maintient.
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Capote et joints : inspectez les coutures, les fermetures, les vitrages et les éventuelles traces d’humidité.
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Freins : la récupération d’énergie limite leur utilisation, mais les disques peuvent rouiller sur un véhicule peu roulé.
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Pneumatiques : contrôlez l’âge, les craquelures et l’usure irrégulière, pas seulement la profondeur des sculptures.
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Suspensions : écoutez les claquements sur route dégradée et vérifiez l’absence de fuite.
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Électronique : testez les vitres, la climatisation, le chauffage, les éclairages, l’instrumentation et les systèmes de verrouillage.
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Pièces détachées : renseignez-vous sur la disponibilité des éléments spécifiques avant de signer.
Un essai de quelques minutes autour du vendeur ne suffit pas. Il est préférable de prévoir un parcours d’au moins 20 à 30 minutes, comprenant une zone urbaine, une route à 80 km/h et plusieurs freinages. L’objectif est de vérifier le comportement, la température, les bruits et l’évolution de l’autonomie affichée.
Entretien et disponibilité des pièces
Un véhicule électrique demande moins d’entretien moteur qu’une automobile thermique : pas de vidange, pas de bougies, pas d’embrayage ni de système d’échappement. Les opérations courantes concernent les pneus, les freins, les amortisseurs, la climatisation, les essuie-glaces et les contrôles électriques.
Le Bluesummer impose cependant une vigilance particulière sur les composants propriétaires. Les pièces de carrosserie, certains éléments de capote et les composants liés à la batterie peuvent être difficiles à trouver. Le réseau de réparation n’est pas aussi dense que celui d’un constructeur généraliste. Avant achat, identifiez un garage capable d’intervenir sur le modèle ou sur la plateforme Bluecar.
Le contrôle technique doit être réalisé avec sérieux. L’absence de moteur thermique ne dispense pas de vérifier les trains roulants, les freins, la direction, les ceintures et la corrosion. Un rapport vierge ne renseigne pas toujours sur l’état réel de la batterie : ce point doit être documenté séparément.
À qui le Bluesummer peut-il convenir ?
Le Bolloré Bluesummer a du sens pour un conducteur qui recherche un véhicule secondaire original, principalement utilisé sur des trajets prévisibles. Il peut convenir à une résidence secondaire, à une commune littorale, à un professionnel du tourisme ou à une famille souhaitant une voiture électrique pour les déplacements locaux.
Il est moins adapté comme véhicule unique. Son autonomie réelle, sa vitesse limitée et son coffre réduit compliquent les longs trajets. La recharge demande également un minimum d’organisation. Partir sans vérifier le niveau de batterie et la présence d’une solution de recharge peut transformer une promenade en séance improvisée de dépannage.
Son intérêt dépend donc fortement du prix et de l’état de l’exemplaire. Un modèle correctement entretenu, vendu avec son câble, son historique et une batterie fonctionnelle peut constituer un achat plaisir cohérent. À l’inverse, un véhicule bon marché sans justificatifs peut rapidement devenir coûteux si la recharge, la capote ou la batterie nécessitent une intervention.
Un achat plaisir, mais pas sans vérifications
Le Bluesummer reste un véhicule atypique, attachant et techniquement intéressant. Son moteur silencieux, ses quatre places et sa carrosserie découvrable lui donnent une personnalité que les citadines électriques modernes n’ont pas toujours. Il ne faut toutefois pas acheter son apparence en oubliant la réalité de son exploitation.
Avant de prendre une décision, examinez l’autonomie réelle, testez la recharge, demandez l’historique complet et vérifiez les conditions liées à la batterie. Si ces contrôles sont satisfaisants et que votre usage reste local, le Bolloré Bluesummer peut encore offrir une expérience originale. Dans le cas contraire, une citadine électrique plus récente, même moins exotique, sera souvent plus simple à vivre au quotidien.

