Le nom Alpine A110 RS circule régulièrement dans les discussions entre passionnés. Il évoque une version encore plus radicale du coupé français, capable de rivaliser avec les sportives les plus affûtées du marché. Pourtant, à ce jour, Alpine n’a pas commercialisé de modèle portant officiellement cette appellation. La gamme repose principalement sur les A110, A110 GT, A110 S, A110 R et leurs déclinaisons spéciales.
Cette précision est importante. Derrière le terme « A110 RS » se cachent souvent des articles spéculatifs, des projections graphiques ou une confusion avec l’A110 R. La véritable version extrême actuellement connue est l’Alpine A110 R, à laquelle s’ajoutent les séries R Turini et, plus récemment, A110 R Ultime. Voici ce que l’on peut réellement attendre de ces versions en matière de performances, de technologie et de prix.
Alpine A110 RS : un nom évocateur, mais pas encore officiel
Alpine utilise une nomenclature relativement simple. L’A110 standard privilégie l’équilibre et l’accessibilité, l’A110 GT mise davantage sur le confort et les longs trajets, tandis que l’A110 S adopte un réglage plus sportif. L’A110 R va plus loin avec une recherche assumée de légèreté et d’efficacité sur circuit.
Le sigle « RS » n’appartient donc pas officiellement au catalogue Alpine. Il pourrait désigner, dans l’esprit du public, une future évolution de l’A110 R. Mais aucune fiche technique définitive ni aucun tarif officiel ne permettent aujourd’hui de présenter une Alpine A110 RS comme un modèle confirmé.
Cette situation n’empêche pas les hypothèses. Une éventuelle A110 RS pourrait recevoir une puissance supérieure, une aérodynamique plus développée, un habitacle allégé et des réglages de châssis encore plus exigeants. Toutefois, il faut distinguer les informations vérifiables des simples rendus numériques. Chez Alpine, la philosophie reste d’abord centrée sur la masse contenue et l’agilité, pas sur la course aux chevaux.
A110 R : la version la plus radicale de la gamme
L’Alpine A110 R constitue la référence la plus proche de ce que beaucoup imaginent sous le nom d’A110 RS. Elle conserve le moteur quatre cylindres 1,8 litre turbocompressé installé en position centrale arrière, mais bénéficie d’un important travail sur le poids, l’aérodynamique et les liaisons au sol.
Sa puissance atteint 300 ch, pour un couple maximal de 340 Nm. La transmission est confiée à une boîte automatique à double embrayage à sept rapports. Le 0 à 100 km/h est annoncé en environ 3,9 secondes, tandis que la vitesse maximale atteint environ 285 km/h selon la configuration.
Ces chiffres ne racontent toutefois qu’une partie de l’histoire. L’intérêt principal de l’A110 R réside dans sa masse limitée, proche de 1 100 kg selon les équipements et les normes de mesure utilisées. À titre de comparaison, certaines sportives concurrentes dépassent largement 1 400 kg. Cette différence transforme le comportement dynamique : freinages plus courts, changements d’appui plus rapides et moindre sollicitation des pneumatiques.
- Moteur : quatre cylindres 1,8 litre turbo
- Puissance : 300 ch
- Couple : 340 Nm
- Transmission : propulsion, boîte automatique à double embrayage
- 0 à 100 km/h : environ 3,9 secondes
- Vitesse maximale : environ 285 km/h
- Positionnement : usage routier sportif et conduite sur circuit
Une aérodynamique pensée pour l’efficacité
Par rapport à une A110 S, l’A110 R ne se contente pas d’un simple gain de puissance. Alpine a travaillé sur la circulation de l’air et la stabilité à haute vitesse. Le modèle reçoit notamment un fond plat, un diffuseur arrière spécifique, un aileron plus imposant et des éléments aérodynamiques en fibre de carbone.
Le résultat est visible sur circuit. L’appui supplémentaire améliore la motricité en sortie de virage et renforce la stabilité dans les courbes rapides. En contrepartie, la voiture devient moins polyvalente. Un appendice aérodynamique généreux, des réglages fermes et une garde au sol réduite ne sont pas toujours des avantages sur une route départementale dégradée.
Les jantes et les pneus jouent également un rôle déterminant. L’A110 R adopte une monte plus orientée performance, avec des pneumatiques capables d’encaisser des contraintes élevées. Ils offrent davantage de grip sur sol sec, mais demandent aussi une attention particulière sous la pluie et lorsque les températures sont basses.
C’est un point souvent négligé par les acheteurs de sportives. Une voiture équipée de pneus semi-slicks ou très performants ne fonctionne pas de la même manière en novembre sur une route froide et humide qu’en juillet sur un circuit parfaitement sec. La performance maximale dépend toujours des conditions d’utilisation.
Le poids, véritable arme de l’A110
La conception de l’A110 repose sur une structure en aluminium et une recherche constante de sobriété. Cette architecture permet à Alpine de préserver une masse nettement inférieure à celle de nombreuses concurrentes à moteur central ou arrière.
Sur l’A110 R, plusieurs équipements ont été optimisés ou remplacés. Les sièges baquets, les éléments en carbone, la réduction de certains habillages et le travail sur les vitrages participent à cet allègement. La climatisation et les équipements indispensables restent présents, mais le confort passe clairement au second plan.
Cette approche produit un comportement très particulier. Le conducteur ressent immédiatement les réactions du châssis. La direction est précise, les transferts de masse sont lisibles et l’auto accepte les changements de trajectoire avec une facilité déconcertante. Il n’est pas nécessaire d’atteindre des vitesses illégales pour comprendre le potentiel de l’A110 : un enchaînement de virages suffit.
Cette légèreté présente aussi des avantages mécaniques. Une masse réduite sollicite moins les freins, les pneumatiques et les suspensions. Elle contribue également à contenir la consommation, même si une conduite sportive peut naturellement faire grimper la moyenne.
Un moteur performant, mais pas démesuré
Le quatre cylindres 1,8 litre turbo de l’A110 R ne cherche pas à impressionner par une cylindrée importante. Son rendement est élevé et sa réponse bénéficie du poids réduit de la voiture. Les 300 ch suffisent à offrir des accélérations très rapides sans rendre l’auto inutilement brutale.
Certains passionnés auraient préféré un six cylindres ou une puissance dépassant largement les 350 ch. Pourtant, une telle évolution aurait probablement imposé des renforts structurels, un système de refroidissement plus conséquent et une transmission plus lourde. Le gain en performances aurait alors été partiellement absorbé par la prise de poids.
La boîte à double embrayage contribue à l’efficacité de l’ensemble. Les changements de rapports sont rapides et les palettes au volant permettent de conserver le contrôle en conduite dynamique. En usage quotidien, elle évite aussi les contraintes d’une boîte manuelle dans les embouteillages. Les puristes regretteront l’absence de pédale d’embrayage, mais l’ensemble reste cohérent avec le positionnement moderne de l’A110.
Prix : une A110 R devenue très exclusive
Le tarif de l’A110 R la positionne nettement au-dessus des versions classiques. Lors de son lancement, son prix dépassait largement celui de l’A110 S, avec un niveau qui pouvait approcher ou dépasser les 100 000 euros selon les séries et les équipements. Les exemplaires spéciaux, les peintures dédiées et les options en carbone font rapidement progresser la facture.
La série A110 R Turini a apporté une interprétation légèrement différente. Elle reprend une grande partie de la philosophie de l’A110 R, mais adopte des jantes plus adaptées à un usage routier polyvalent. Son prix se situe lui aussi à un niveau élevé, autour de la centaine de milliers d’euros selon le marché et la configuration.
La véritable rupture intervient avec l’A110 R Ultime. Cette série très limitée est présentée comme l’aboutissement de la génération actuelle. Sa puissance grimpe à environ 345 ch, avec un couple annoncé autour de 420 Nm. Le 0 à 100 km/h est donné en environ 3,8 secondes et la vitesse maximale reste proche de 285 km/h.
Avec une production limitée à 110 exemplaires, l’A110 R Ultime vise davantage les collectionneurs que les conducteurs à la recherche d’une sportive polyvalente. Son prix annoncé se situe à un niveau très supérieur à celui d’une A110 R traditionnelle, autour de 265 000 euros selon la configuration. À ce tarif, l’exclusivité et la personnalisation occupent une place aussi importante que la performance pure.
Les nouveautés techniques de l’A110 R Ultime
L’A110 R Ultime ne se résume pas à une hausse de puissance. Alpine a renforcé le caractère spécifique de la voiture grâce à une préparation plus poussée du moteur, à une aérodynamique retravaillée et à des possibilités de personnalisation très étendues.
Les réglages de suspension sont plus précis et la voiture peut recevoir des éléments destinés à optimiser son comportement sur circuit. Le travail porte notamment sur la gestion de la motricité, le refroidissement et la stabilité à haute vitesse. L’objectif est de rendre les performances exploitables, plutôt que de simplement afficher une valeur impressionnante sur une fiche technique.
- Puissance portée à environ 345 ch
- Couple maximal annoncé autour de 420 Nm
- Accélération de 0 à 100 km/h en environ 3,8 secondes
- Production limitée à 110 exemplaires
- Personnalisation poussée de la carrosserie et de l’habitacle
- Orientation plus exclusive et collection que véritable modèle de grande diffusion
Quel usage pour une éventuelle A110 RS ?
Si Alpine lançait un jour une A110 RS, la question de son positionnement serait centrale. Devrait-elle être une voiture de circuit homologuée pour la route, ou une version plus performante mais encore utilisable au quotidien ? L’A110 R occupe déjà le premier rôle, tandis que l’A110 S propose un compromis plus accessible.
Une A110 RS pourrait recevoir des amortisseurs réglables, un différentiel à glissement limité, des freins plus puissants et un système aérodynamique actif. Mais chaque évolution aurait des conséquences sur le prix, le poids et la fiabilité. Les acheteurs devraient aussi accepter un entretien plus coûteux : pneus spécifiques, plaquettes plus performantes et contrôles plus fréquents.
Pour un usage routier, l’A110 S reste probablement plus rationnelle. Elle conserve le plaisir de la propulsion et la légèreté du châssis tout en offrant davantage de confort. L’A110 R s’adresse à un conducteur qui fréquente régulièrement les circuits et accepte les compromis liés à une configuration radicale.
Faut-il attendre l’A110 RS ou choisir une A110 R ?
Attendre un modèle hypothétique comporte un risque : celui de ne jamais le voir arriver. Alpine a déjà démontré qu’elle pouvait faire évoluer l’A110 par petites séries et versions spéciales, mais rien ne confirme la commercialisation prochaine d’une A110 RS officielle.
Pour l’acheteur, le choix doit donc se faire entre les modèles réellement disponibles. Une A110 GT conviendra davantage aux longs trajets, une A110 S offrira un excellent équilibre entre efficacité et confort, tandis qu’une A110 R assumera pleinement une orientation circuit.
L’A110 R Ultime, de son côté, appartient à une autre catégorie. Sa production limitée et son tarif en font un objet de collection avant d’être une simple voiture sportive. Elle illustre néanmoins la volonté d’Alpine de terminer la carrière de l’A110 thermique avec une version techniquement ambitieuse.
En attendant une éventuelle A110 RS, la formule Alpine reste inchangée : peu de kilos, un moteur compact, une propulsion efficace et un châssis capable de communiquer avec son conducteur. Dans un marché où les sportives deviennent toujours plus puissantes et plus lourdes, cette approche conserve une réelle pertinence. Une question demeure toutefois : faut-il vraiment davantage de chevaux lorsque 300 ch suffisent déjà à rendre chaque virage particulièrement intéressant ?

